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Bernat Fortet

Engagements DCF et RDUE : ce que les acheteurs demandent au-delà de la loi

Les engagements zéro déforestation et zéro conversion des acheteurs face au RDUE : terres couvertes, dates butoirs et preuves sur les parcelles.

Collines illustrées couvertes de forêt de conifères et de pentes dégagées, avec des fleurs sauvages au premier plan sous un ciel nuageux

L’engagement zéro déforestation et zéro conversion (DCF en anglais) d’un acheteur demande en général plus à vos parcelles que le Règlement de l’UE sur la déforestation (RDUE, EUDR en anglais). Le critère de déforestation du RDUE ne couvre que la forêt, avec une date butoir au 31 décembre 2020. Un engagement DCF couvre aussi la savane, les prairies, les zones humides et les autres écosystèmes naturels, et peut utiliser une date butoir plus ancienne : le 1er janvier 2014 pour Rainforest Alliance. Une parcelle qui satisfait au critère sur les terres du RDUE peut donc quand même ne pas satisfaire à l’engagement de votre acheteur. La solution part des mêmes données de parcelles, avec plus d’historique : chaque parcelle cartographiée, et ce qu’était sa terre jusqu’à la date butoir la plus ancienne qu’utilise l’un de vos acheteurs.

Ce guide s’adresse aux exportateurs et aux coopératives de café et de cacao dont les acheteurs de l’UE ont leurs propres engagements contre la déforestation. Pour ce que demande la loi seule, voir RDUE pour les exportateurs (en anglais) et RDUE pour les coopératives.

Vérifié le 1er novembre 2026 : au regard du ⁠règlement (UE) 2023/1115 (version consolidée du 18 septembre 2026), des ⁠définitions du Cadre de redevabilité (Accountability Framework, AFi), de ses ⁠principes fondamentaux (Core Principles) et de ses ⁠lignes directrices sur les dates butoirs (Cutoff Dates guidance, septembre 2023), des ⁠lignes directrices FLAG de la SBTi (FLAG Guidance) v1.2 (mars 2026), de l’⁠annexe Environnement (Environment Annex) v1.3 de Rainforest Alliance et du ⁠Standard Fairtrade pour le café (Fairtrade Standard for Coffee, version du 8 octobre 2026). Un résumé en langage simple, pas un avis juridique.

Qu’est-ce qu’un engagement DCF ?

Un engagement DCF est la promesse d’une entreprise que ce qu’elle produit ou achète n’a causé ni déforestation ni conversion d’aucun écosystème naturel après une date butoir fixe. Il est volontaire : l’acheteur le choisit, puis l’inscrit souvent dans sa politique d’approvisionnement et dans ses contrats fournisseurs, où il engage les exportateurs qui les signent.

Ce guide utilise les définitions du ⁠Cadre de redevabilité (AFi), un ensemble de normes communes rédigé par une coalition d’organisations environnementales et de défense des droits humains, que les lignes directrices FLAG de la SBTi recommandent aussi. Deux de ses définitions font l’essentiel du travail :

  • La déforestation est la perte de forêt naturelle par conversion à l’agriculture ou à un autre usage non forestier des terres, par conversion en plantation d’arbres, ou par une dégradation grave et durable.
  • La conversion est la perte de tout écosystème naturel, forestier ou non, par son remplacement par l’agriculture ou un autre usage des terres, ou par un changement profond et durable de ses espèces, de sa structure ou de sa fonction. La déforestation est un type de conversion.

Les deux s’appliquent « que la perte soit légale ou non ». Un permis de défricher ne rend pas la terre DCF.

En quoi un engagement DCF diffère-t-il du RDUE ?

En quoi un engagement DCF diffère-t-il du RDUE ?
RDUEEngagement DCF (définitions de l’AFi)
Ce que c’estLoi de l’UE, à partir du 30 décembre 2026 ; du 30 juin 2027 pour les personnes physiques et les micro et petits opérateurs établis en tant que tels au 31 décembre 2024, sauf pour les produits du règlement de l’UE sur le bois (article 38)Un engagement volontaire de l’acheteur, qui lie les fournisseurs par ses contrats
Produits de baseBovins, cacao, café, palmier à huile, caoutchouc, soja, bois et les produits de l’annexe I (extraits, essences et concentrés de café à partir du 30 décembre 2027)Ceux sur lesquels l’acheteur s’engage ; l’AFi demande tous ceux concernés
Terres protégéesForêt (article 2, point 4), forêt plantée pour le bois compriseForêt naturelle et tout autre écosystème naturel (principe fondamental 1)
Ce qui compteForêt convertie à un usage agricole, qu’elle soit d’origine humaine ou non (article 2, point 3) ; pour le bois, aussi la dégradationPerte de forêt naturelle ou de tout écosystème naturel, y compris au profit d’une plantation d’arbres ou par une dégradation grave et durable
Date butoir31 décembre 2020 (article 2, point 13)Fixée par chaque acheteur, au plus tard à la date de son engagement ; pour la déforestation, pas après 2020
Défrichement légalReste une déforestation ; la légalité est un critère distinctReste une déforestation ou une conversion
DroitsProduit dans le respect des lois du pays dans les domaines de l’article 2, point 40, CLIP comprisRespect des droits humains, CLIP compris (principe fondamental 2)
TraçabilitéChaque parcelle géolocalisée ; un polygone pour les parcelles de plus de 4 ha, sauf pour les bovins (article 9, paragraphe 1, point d, et article 2, point 28) ; les micro et petits opérateurs primaires qui remplissent les conditions peuvent donner une adresse postaleOrigines assez connues ou maîtrisées pour montrer que les unités de production et de transformation sont en règle (principe fondamental 5)
PreuvesUne déclaration de diligence raisonnée, ou une déclaration unique simplifiée pour les micro et petits opérateurs primaires qui remplissent les conditions (articles 4 et 4 bis)Suivi, vérification et communication d’informations (principes fondamentaux 11 et 12)
Qui contrôleLes autorités des États membres de l’UEL’acheteur, ses auditeurs et les organismes de certification

Pour les autres dates du RDUE, les règles des petits opérateurs et la conservation des documents, voir RDUE pour les exportateurs (en anglais).

Quelles terres chacun couvre-t-il ?

La plus grande différence, c’est ce qu’était la terre avant d’être plantée. Chaque ligne suppose un défrichement postérieur aux deux dates butoirs et ne couvre que le critère sur les terres : la légalité et la diligence raisonnée s’appliquent en plus.

  • Forêt naturelle, primaire ou régénérée

    RDUEDéforestation

    Engagement DCF (AFi)Déforestation

  • Plantation d’arbres pour le bois qui n’est pas une forêt naturelle

    RDUEDéforestationLes forêts plantées et les plantations forestières sont des forêts (article 2, points 10 et 11).

    Engagement DCF (AFi)Pas une déforestationL’AFi ne compte que la perte de forêt naturelle ; lorsque la loi est plus stricte, les entreprises la suivent (principe fondamental 3.4).

  • Zone arbustive naturelle ou boisement clairsemé qui n’est pas une forêt (« autres terres boisées »)

    RDUEHors du critèreArticle 2, point 12 ; le réexamen de 2030 évaluera son ajout (article 34, paragraphe 2, point g).

    Engagement DCF (AFi)Conversion

  • Prairie, tourbière ou zone humide naturelle sans forêt

    RDUEHors du critèreLe réexamen de 2030 évaluera leur ajout (article 34, paragraphe 2, point h).

    Engagement DCF (AFi)Conversion

  • Café, cacao ou autres cultures, y compris l’agroforesterie

    RDUETerres agricolesPas une forêt (article 2, points 4 et 6).

    Engagement DCF (AFi)En général de l’agricultureUne culture à faible intensité et à petite échelle à l’intérieur d’une forêt peut rester une forêt naturelle lorsque l’essentiel des espèces, de la structure et de la fonction de la forêt subsiste (définition de la forêt naturelle de l’AFi).

Quelles dates butoirs utilisent les acheteurs de café et de cacao ?

Un acheteur peut suivre plusieurs de ces règles à la fois. L’AFi dit d’utiliser la plus ancienne qui s’applique (lignes directrices sur les dates butoirs, section 2).

  1. 1er janvier 2014Rainforest Alliance ; Fairtrade café, en vigueur depuis 2025
  2. 31 décembre 2018Fairtrade café, à partir du 1er janvier 2027
  3. 31 décembre 2020RDUE
  4. Pas après 2020Date propre à chaque acheteur pour la déforestation (Cadre de redevabilité) ; bonne pratique pour SBTi FLAG
Quelles dates butoirs utilisent les acheteurs de café et de cacao ?
RègleTerres couvertesSource
RDUEForêt⁠Article 2, point 13
Cadre de redevabilitéForêt naturelle et autres écosystèmes naturels⁠Lignes directrices sur les dates butoirs, section 3
Objectifs FLAG de la SBTiDéforestation obligatoire ; zéro conversion recommandé⁠Lignes directrices FLAG v1.2, FLAG-C4 et section 3.2
Rainforest AllianceForêt naturelle et écosystèmes naturels⁠Annexe Environnement v1.3, section 1.2
Fairtrade caféForêts primaires et secondaires, aires protégées, et zones de haute valeur de conservation ou de stockage de carbone⁠Standard Fairtrade pour le café, exigences 3.1.1 et 3.1.2

Le Cadre de redevabilité ne fixe pas de date unique : la date butoir d’un acheteur ne devrait pas être postérieure à la date à laquelle son engagement est émis ni, pour la déforestation, à 2020 ; il devrait adopter la date commune lorsqu’il en existe une qui s’applique, sauf s’il en a déjà fixé une plus ancienne, qu’il garde. La SBTi FLAG considère 2020 ou avant comme une bonne pratique, et n’admet une date plus tardive que pour les parties de la chaîne d’approvisionnement où 2020 causerait un préjudice, comme l’exclusion de petits producteurs : au moins 3 ans avant que l’entreprise soumette ses premiers objectifs FLAG, avec la date et la raison rendues publiques, et 2020 ou avant maintenu partout ailleurs. La date de 2014 de Fairtrade café signifie aucun signe de déforestation ou de dégradation depuis ; celle de 2018, aucune déforestation ou dégradation depuis.

Rainforest Alliance prévoit une mesure corrective limitée pour une conversion survenue entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2020 et constatée avant le premier audit de certification d’une exploitation : jusqu’à 1 % de l’exploitation ou 10 hectares, la plus petite des deux valeurs (1 % de l’unité d’exploitation pour les petites exploitations d’un groupe). Elle est décidée au cas par cas, et l’exploitation doit mettre en œuvre un plan de restauration établi par un écologue, en assurer le suivi et en rendre compte, pour une surface au moins aussi grande et de valeur écologique égale, ou plus grande lorsque sa valeur est plus faible ; pour les petites exploitations d’un groupe, c’est la direction du groupe qui en est responsable (annexe Environnement, sections 1.4 et 1.4.1). Demandez à chaque acheteur quelles dates il utilise, et gardez la réponse avec son contrat.

Quand une parcelle satisfait-elle à l’un mais pas à l’autre ?

Chaque cas ne regarde que l’historique des terres ; la légalité et la diligence raisonnée s’appliquent toujours.

  1. Café planté en 2022 sur une zone arbustive naturelle défrichée

    La zone arbustive n’a jamais répondu à la définition de la forêt du RDUE : moins de 10 % de couvert, sans arbres capables de dépasser ce seuil sur place.

    • Critère sur les terres du RDUESatisfaitCe n’a jamais été une forêt.
    • Acheteur zéro conversionNe satisfait pasToute date butoir antérieure à 2022 la rattrape, y compris celle de 2014 de Rainforest Alliance.
  2. Cacao planté en 2017 sur une forêt défrichée en 2016

    Le défrichement a eu lieu avant le 31 décembre 2020.

    • Critère sur les terres du RDUESatisfait
    • Acheteur qui utilise la date de 2014Ne satisfait pasLa mesure corrective de Rainforest Alliance ne sauve la parcelle que si la surface défrichée tient dans son plafond : la plus petite valeur entre 1 % de l’exploitation et 10 hectares, ou 1 % de l’unité d’exploitation pour les petites exploitations d’un groupe.
  3. Café planté en 2021 sur une plantation d’eucalyptus défrichée la même année

    La plantation avait été créée des décennies plus tôt sur un pâturage.

    • Critère sur les terres du RDUENe satisfait pasUne plantation forestière est une forêt : le café ne peut donc pas être mis sur le marché de l’UE.
    • Définitions de l’AFiPas une déforestationLa plantation n’était pas une forêt naturelle, mais l’AFi dit que les entreprises suivent la règle la plus stricte lorsque la loi et leur engagement diffèrent (principe fondamental 3.4).

Que doit recueillir un exportateur pour répondre aux deux ?

Une seule liste de parcelles peut servir à la fois pour la loi et pour les contrôles de vos acheteurs, si elle contient plus que le minimum du RDUE. Un acheteur peut quand même demander davantage.

  1. Une limite pour chaque parcelle dont vous pouvez faire le tour à pied. Le RDUE accepte un point pour les parcelles de 4 hectares ou moins, mais une limite montre la couverture du sol sur toute la parcelle, pas seulement en un point. Voir géolocalisation RDUE (en anglais) pour le format.
  2. L’historique des terres jusqu’à la date butoir la plus ancienne. Si un acheteur utilise 2014, regardez chaque parcelle sur des images d’avant 2014 ainsi que de 2020.
  3. Ce qu’était la terre, pas seulement forêt ou non-forêt. Une carte forestière de 2020 aide à vérifier si une parcelle était une forêt, dans la limite de la précision de la carte. Elle ne montre pas une zone arbustive défrichée ni une zone humide drainée. Notez le type de terre avant la plantation.
  4. Les documents sur les droits. Les documents fonciers, les preuves de consentement et les registres du travail appuient à la fois le contrôle de légalité du RDUE et la clause de droits humains d’un acheteur, même si ni l’un ni l’autre ne s’arrête là.
  5. Le reste de l’exploitation. Certains acheteurs évaluent toute l’unité de production : chaque parcelle sous une même gestion dans la même zone, y compris la forêt et les autres terres gérées avec elles (définition de l’unité de production de l’AFi).
  6. Les dates et les types de terres de chaque acheteur. Gardez une seule liste qui indique quel acheteur utilise quelle date butoir, et contrôlez les nouvelles parcelles par rapport à la plus stricte.
Notre produit

Quelle place pour Restoration Scope ?

Restoration Scope construit une infrastructure numérique pour les projets nature : un logiciel pour les projets carbone et de restauration de la nature qui relie les données de terrain, les cartes et les processus de chaque équipe dans un seul système. Pour un exportateur ou une coopérative, cela veut dire une fiche par parcelle, avec sa limite cartographiée sur téléphone sur le terrain, hors ligne, et l’historique des terres de la parcelle juste à côté. Chaque équipe voit chaque parcelle sur des images satellite passées, et nous mettons en place les couches qui comptent pour vos acheteurs, comme la couverture du sol et la perte de couvert arboré, pour que l’équipe conformité puisse attribuer à chaque parcelle son statut de revue avant l’expédition d’un lot.

EUDR demo coffee plot La Florida 3 outlined on the satellite map, split by a swipe divider: Esri Wayback imagery from 19 Apr 2020 (WorldView-2) on the left and 12 Oct 2025 (WorldView Legion) on the right

La même parcelle en avril 2020 et en octobre 2025.

Une parcelle de café délimitée sur des images satellite d’avril 2020 et d’octobre 2025, séparées par un curseur de comparaison, pour que l’équipe voie ce qui a changé avant d’attribuer son statut de revue. Demo cooperative: producers, plot records, risk cases and field visits are made up, and deforestation statuses, check results and cutoff figures are not computed by Restoration Scope. Plot locations, map layers and imagery are real.

Bien adapté : un exportateur ou une coopérative qui tient une seule liste de parcelles pour le RDUE et pour des acheteurs qui ont leurs propres engagements, avec de l’aide pour la mise en place.

Réfléchissez-y à deux fois si : vous voulez un verdict sur chaque parcelle. Nous ne faisons pas de contrôle automatique de la date butoir et nous ne donnons pas de verdict de conformité ; c’est votre équipe, et votre acheteur, qui décident.

Coût : un pilote gratuit sur un échantillon de vos données, puis une licence de plateforme plus la mise en œuvre, sur devis après un appel de cadrage.

Par où commencer

Posez deux questions à vos trois plus gros acheteurs de l’UE cette semaine : quelle date butoir ils utilisent, et si leur engagement couvre la conversion de terres qui ne sont pas des forêts. Si l’une des réponses est 2014, ou oui, commencez à contrôler les parcelles par rapport à cette date avant la vente de la prochaine récolte. Pour la liste complète des étapes du RDUE, voir liste de contrôle de conformité RDUE (en anglais).

Disclosure: Nous développons Restoration Scope, un logiciel de terrain et de parcelles que les exportateurs et les coopératives utilisent pour tenir leurs données de parcelles pour le RDUE. Aucun standard ni aucun acheteur cité ici n’a payé ce guide ni ne l’a relu.

Questions fréquentes

Que veut dire zéro déforestation et zéro conversion (DCF) ?

L’engagement d’une entreprise que les produits de base qu’elle produit ou achète n’ont pas causé la perte de forêt naturelle (déforestation) ni d’aucun autre écosystème naturel, comme la savane, les prairies ou les zones humides (conversion), après une date butoir fixée. Le Cadre de redevabilité (Accountability Framework) donne des définitions communes pour ces engagements, et les lignes directrices FLAG de la SBTi les recommandent. L’engagement compte la perte, qu’elle ait été légale ou non.

Un produit qui respecte le RDUE est-il aussi DCF ?

Pas forcément. Le critère sur les terres du RDUE ne regarde que la forêt, donc un café planté après 2020 sur une zone arbustive naturelle défrichée qui n’a jamais été une forêt peut satisfaire à ce critère et enfreindre quand même un engagement zéro conversion. Un acheteur peut aussi utiliser une date butoir plus ancienne : Rainforest Alliance utilise le 1er janvier 2014.

Quelle date butoir le Cadre de redevabilité utilise-t-il ?

Il ne fixe pas de date unique. Ses lignes directrices sur les dates butoirs (septembre 2023) indiquent que les dates butoirs ne devraient pas être postérieures à la date à laquelle l’engagement est émis et, pour la déforestation, pas postérieures à 2020 ; que les entreprises devraient adopter une date butoir commune lorsqu’il en existe une qui s’applique, sauf si elles en ont déjà fixé une plus ancienne ; et que, lorsque plusieurs s’appliquent, il faut retenir la plus ancienne. Pour les écosystèmes non forestiers, il recommande une date aussi ancienne que possible.

Le RDUE couvre-t-il la savane, les prairies ou les zones humides ?

Seulement lorsque la terre répond à sa définition de la forêt à l’article 2, point 4 ; un marais tourbeux boisé est une forêt. Les autres terres boisées qui ne sont pas des forêts, ainsi que les prairies, les tourbières et les zones humides sans forêt, sont hors de son critère de déforestation, même si les produits qui y sont cultivés doivent quand même satisfaire à ses exigences de légalité et à ses autres exigences. Son premier réexamen général, prévu au plus tard le 30 juin 2030, évalue l’extension éventuelle des règles aux autres terres boisées, en même temps que la date butoir de l’article 2, point 13 (article 34, paragraphe 2, point g), et l’opportunité de les étendre à d’autres écosystèmes naturels comme les prairies, les tourbières et les zones humides (article 34, paragraphe 2, point h).

Une terre peut-elle ne pas satisfaire au critère sur les terres du RDUE tout en respectant un engagement DCF ?

Pas en pratique, même si la terre peut répondre aux définitions du Cadre de redevabilité. Le RDUE compte les forêts plantées et les plantations forestières comme des forêts : défricher une plantation de bois pour du café après le 31 décembre 2020 est donc une déforestation au sens du RDUE. Le Cadre de redevabilité ne compte que la perte de forêt naturelle : défricher une plantation d’arbres qui n’est pas une forêt naturelle, et qui n’a pas été plantée sur une terre défrichée après la date butoir, n’est donc pas une déforestation selon ses définitions. C’est quand même une déforestation au sens du RDUE, donc le café ne peut pas être mis sur le marché de l’UE, et lorsqu’un engagement et la loi diffèrent, l’AFi dit que les entreprises suivent le plus strict des deux (principe fondamental 3.4).

Pourquoi les acheteurs demandent-ils des preuves DCF maintenant ?

Beaucoup d’acheteurs se sont fixé des objectifs publics. Les entreprises qui ont des objectifs fondés sur la science pour les forêts, les terres et l’agriculture (SBTi FLAG, Science Based Targets for forest, land and agriculture) doivent s’engager publiquement à avoir des chaînes d’approvisionnement zéro déforestation pour leurs principaux produits de base liés à la déforestation (le zéro conversion est recommandé, pas obligatoire), avec une date cible au plus tard deux ans après la soumission de leurs objectifs, et jamais après le 31 décembre 2030. La SBTi recommande aux entreprises déjà engagées pour 2025 de garder cette date ; celles qui la mettent à jour doivent d’abord rendre publics leurs progrès, leurs obstacles et leurs actions prévues, garder leur date butoir existante, et fixer une nouvelle date dans les deux ans suivant leur nouvelle soumission, et au plus tard le 31 décembre 2028 (lignes directrices FLAG v1.2, mars 2026, FLAG-C4 et section 3.2).

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Fondé sur les textes officiels de l’UE. Voir nos sources sur le RDUE, avec la version suivie et la date de notre dernière vérification de chacune (en anglais).

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